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Coface : quels risques en 2006 (r) une croissance toujours soutenue mais les marges des entreprises sont sous pression et des éléments de risques subsistent



La Défense, le 24 janvier 2006

Evolution des risques pour 2006

En 2006, selon Coface, la croissance mondiale devrait rester soutenue, toujours portée par le dynamisme des demandes américaine et chinoise. Pourtant, Coface reste préoccupée par la persistance de fortes pressions sur les marges des entreprises dans les pays industrialisés et en Asie principalement.

- La vigueur de la concurrence réduit les possibilités de répercuter l'augmentation des coûts de production sur les prix de vente, tandis que dans de nombreux pays émergents, comme la Chine, l'afflux d'investissements peut être à l'origine de surcapacités.

- La remontée progressive des taux d'intérêt est susceptible de renchérir le coût de la ressource financière.

-Une réglementation plus stricte en matière d'environnement et de santé, tant au niveau national qu'au niveau international, pèsera sur les coûts dans de nombreux secteurs.

En outre, dans les zones émergentes, certains risques perdurent et limitent les possibilités de reclassement de nombreux pays qui profitent pourtant d'une conjoncture porteuse. Ainsi, l'instabilité de l'environnement géopolitique et/ou les problèmes de gouvernance contrebalancent souvent l'impact positif de la manne pétrolière. En outre, baisse des spreads et politique économique rigoureuse n'ont pas fait disparaître la vulnérabilité de certains pays à une retournement de confiance des marchés.

Evolution de la notation pays en 2005

Sur l'année 2005, Coface a procédé à peu de changements de notes pays, les principaux étant les reclassements de l'Allemagne de A2 en A1, la Roumanie et l'Algérie de B en A4, l'Argentine de D en C et le déclassement en A3 de l'Italie pour les entreprises exportatrices[1].

Elle a en revanche déclassé plusieurs secteurs d'activité (pharmacie de A+ à A, chimie de A à B+, automobile de B+ à B, textile de C+ à C, confection de C à C- et transport aérien de C à C-).

EVOLUTION POUR LES PAYS INDUSTRIALISES

Allemagne et Japon :

Les restructurations commencent à porter leurs fruits.

Selon Coface, les perspectives des entreprises japonaises et allemandes s'améliorent nettement par rapport à l'année dernière.

Ces deux pays, longtemps confrontés à une faible rentabilité des acteurs économiques ainsi qu'à une croissance atone, ont su mener à bien les restructurations drastiques qui s'imposaient. La remise en cause des modèles fondés sur l'intégration banques/entreprises s'est accompagnée d'une sévérité accrue dans l'octroi des crédits. Cette plus grande sélectivité de la part des banques a obligé les entreprises à redresser leur rentabilité et à se désendetter. Elles ont ainsi intensifié les délocalisations, souvent au détriment de la sous-traitance locale, et ont diversifié leur présence géographique, tout particulièrement dans les zones émergentes. Elles se sont recentrées sur leur cœur d'activité et ont rationalisé leurs investissements afin de réduire les surcapacités. Parallèlement, les politiques salariales ont permis d'enregistrer des gains de productivité.

Ces stratégies se sont avérées efficaces. La compétitivité de l'offre s'est améliorée, notamment à l'exportation (41% du PIB allemand, 13% du PIB japonais). Elle a, de plus, été renforcée par la baisse des devises nationales par rapport au dollar et par une spécialisation sectorielle (biens d'équipement, électronique) et géographique favorable (Amérique du Nord, Asie, PECO). La solvabilité des entreprises s'est particulièrement bien rétablie dans certains secteurs d'activité (biens d'équipement industriels et électriques pour les deux pays, automobile et produits intermédiaires au Japon). Les incidents de paiement ont retrouvé un niveau satisfaisant, très en deçà de la moyenne mondiale. Les faillites ont reflué, très nettement au Japon, plus timidement en Allemagne.

Certes, l'amélioration reste trop dépendante des perspectives d'exportation, en l'absence de franche reprise de la demande des ménages, notamment en Allemagne. Hausse du chômage, partage de la valeur ajoutée moins favorable au travail et démographie anémique ont débouché sur une panne de la demande des ménages (59% du PIB allemand et 57% du PIB japonais). Dès lors, la solvabilité des entreprises orientées vers les ménages (commerce de détail, hôtellerie-restauration, bâtiment) s'améliore moins rapidement que celle des entreprises exportatrices.

Italie :

Les entreprises exportatrices connaissent plus de difficultés que celles orientées sur le marché interne.

De nombreuses entreprises exportatrices éprouvent des difficultés en raison d'une orientation sectorielle défavorable et/ou d'une dégradation de leur compétitivité. L'augmentation des coûts de production ne peut plus être compensée comme par le passé par la dévaluation de la monnaie.

De plus, l'atonie de l'investissement rejaillit négativement sur la recherche et l'innovation, ce qui nuit à l'attractivité des produits. Les secteurs traditionnellement exportateurs comme la confection, la maroquinerie, la chaussure et l'électroménager se heurtent à la concurrence asiatique sur les marchés ouest-européens et nord-américains, dans le bas et le moyen de gamme. Les biens d'équipement électriques et électroniques enregistrent des performances décevantes en raison d'une perte de compétitivité. Le tourisme est très concurrencé par les nouvelles destinations.

Compte tenu d'une plus grande liberté dans la fixation de leur prix, les entreprises centrées sur le marché domestique éprouvent moins de difficultés. C'est notamment le cas du bâtiment, des travaux publics, des télécommunications. Cependant, la grande distribution pâtit du manque de dynamisme de la demande des ménages et la sous-traitance automobile de l'effritement de la part de marché domestique de la Fiat. La récente remontée de Fiat sur le marché italien, sans doute liée au renouvellement de la gamme, constitue de ce point de vue un signal positif.

Cette dichotomie a poussé Coface à afficher une double notation pour l'Italie : A3 pour les entreprises fortement dépendantes de l'exportation et A2 pour les entreprises centrées sur le marché domestique.

Etats-Unis :

Le risque de crédit reste encore faible mais certains secteurs méritent une attention particulière.

Selon Coface, les entreprises américaines affichent globalement de bons comportements de paiement. L'activité restera encore vive en 2006.

L'accroissement des dépenses publiques, lié à la reconstruction des Etats du Golfe du Mexique ainsi qu'à la tenue des élections de mi-mandat, devrait en grande partie compenser l'impact négatif de la poursuite de la remontée des taux d'intérêt.

Le resserrement de la politique monétaire parvenant à son terme en 2006, la problématique du double déficit budgétaire et extérieur devrait revenir sur le devant de la scène et contribuer à faire refluer le dollar ainsi qu'à favoriser la compétitivité des productions américaines. Une chute brutale de la devise américaine n'est pas le scénario retenu par Coface mais constitue un risque à surveiller. Bien que conservant un bon rythme de progression, la consommation des ménages fléchira quelque peu, compte tenu de la remontée du taux d'épargne (induite par le refroidissement du marché immobilier). L'investissement en équipements informatiques et industriels continuera à augmenter vivement, notamment dans les secteurs miniers et extractifs.

Cependant, cette évolution favorable ne compensera que partiellement une concurrence toujours plus vive, notamment de la part des pays émergents, ainsi que les niveaux de prix élevés de l'énergie et des produits intermédiaires. Ces deux facteurs auxquels s'ajoute, dans certains cas, le coût élevé des prestations sociales, constitueront les principales contraintes pour la solvabilité des secteurs d'activité les plus exposés et les plus fragiles.

Ainsi, les constructeurs automobiles américains (GM et Ford) et leurs équipementiers cumulent l'ensemble de ces problèmes sur un marché peu porteur. Le renchérissement du carburant est pour eux un handicap alors qu'ils ont mis l'accent sur les " Sport Utility Vehicles " énergétivores.

Les transporteurs aériens historiques, dont un bon nombre se trouve sous la protection du " Chapter XI ", voient les effets bénéfiques de la reprise du trafic en grande partie annulés par leurs engagements sociaux et le prix du kérosène.

Le textile et la confection se trouvent confrontés à la concurrence chinoise que tend à favoriser la grande distribution dans son souci de recherche des meilleurs prix.

L'industrie papetière n'a pas fait totalement disparaître les surcapacités affectant notamment la production de papier journal, ce qui ne permet pas de répercuter la hausse des coûts de production sur les prix de vente

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EVOLUTION POUR LES PAYS EMERGENTS

Les pays émergents bénéficient d'un environnement favorable cependant …

- Concurrence et prix élevés des matières premières ainsi que de l'énergie, exercent une pression croissante sur les marges des entreprises chinoises.

- Malgré des cours élevés du baril, les fragilités de l'environnement des affaires et/ou les risques géopolitiques limitent les reclassements des pays exportateurs de pétrole.

- La baisse des primes de risque des marchés financiers allège les conditions de financement des pays émergents mais apparaît plus rapide que l'amélioration des risques.

Pays exportateurs de pétrole :

Malgré les cours élevés du baril, les fragilités de l'environnement des affaires et/ou les risques géopolitiques limitent les reclassements.

La hausse des cours du baril en 2005 et leur probable maintien à un niveau élevé en 2006 marquent l'environnement des pays émergents.

Les bénéfices en matière de risque pays pour les pays exportateurs sont cependant limités. A un niveau de risque déjà faible, les notes moyennes des pays du golfe restent inchangées (EAU, Qatar, Koweït notés A2 et Arabie Saoudite notée A4).

En ce qui concerne l'Algérie, la bonne orientation de l'économie et une meilleure stabilité politique ont conduit à un reclassement de la note de B en A4.

Pour les autres pays exportateurs, s'il est indéniable que la manne pétrolière et gazière a conforté leur situation financière et dynamisé leur croissance, les fragilités géopolitiques, les lacunes en matière de gouvernance et un environnement des affaires encore problématique pour les entreprises n'ont pas permis de reclasser ces pays. C'est le cas notamment de l'Iran (noté B), de la Russie (notée B), du Venezuela (noté C) ou du Nigeria (noté D).

Entreprises chinoises :

Des marges sous pression

La croissance chinoise est restée très élevée en 2005 et Coface ne prévoit pas de ralentissement en 2006. A cette exceptionnelle conjoncture, s'ajoute une situation financière toujours plus robuste. Malgré cet environnement exceptionnellement porteur, la note moyenne des entreprises chinoises reste inchangée en A3.

Sur le front microéconomique en effet, Coface observe un niveau important de risque de crédit. Les marges des entreprises se réduisent, en raison d'une vive concurrence sur le marché intérieur et du renchérissement du coût des matières premières. Les entreprises sont contraintes d'autofinancer davantage leurs investissements, face au ralentissement du crédit bancaire. Dans ce contexte de résultats financiers tendus, le moindre choc pourrait entraîner une recrudescence des incidents de paiement. Le risque de crédit en 2006 ne s'améliorera pas, car l'objectif du gouvernement chinois est de limiter le risque de surinvestissement. Dès lors, les mesures de politique économique qu'on peut attendre – qu'elles concernent le taux de change, les taux d'intérêt ou le crédit – iront dans le sens d'une réduction des marges.

La baisse des primes de risque ne supprime pas la vulnérabilité de certains grands pays émergents.

La baisse des spreads s'est poursuivie en 2005. Cette évolution bénéficie aux pays émergents dépendants des capitaux extérieurs, principalement au Brésil, à la Turquie, et aux Philippines. Outre la bonne tenue de la confiance des marchés, ces pays conduisent des politiques économiques rigoureuses. La solvabilité des entreprises turques, brésiliennes et philippines est satisfaisante et les incidents de paiements enregistrés par Coface y sont inférieurs à la moyenne mondiale. Les entreprises sont dynamiques, flexibles avec un environnement légal plutôt favorable pour des pays émergents. La note de ces trois pays (B) est donc actuellement placée sous surveillance positive.

Le scénario retenu pour 2006 est celui d'une poursuite du mouvement de baisse des spreads, à l'œuvre depuis fin 2002. Celui-ci soutient l'amélioration du risque, constatée pour ces intervenants majeurs sur les marchés de capitaux. Toutefois, la réduction des coûts de financement apparaît plus rapide que l'amélioration des risques. Dans ce cadre, les notes de la Turquie, du Brésil et des Philippines n'ont pas encore été reclassées. La nécessité de s'endetter sur les marchés - même sur le marché domestique auquel les pays émergents recourent de plus en plus – est toujours importante. Cette dépendance maintient le risque qu'un retournement de la confiance des opérateurs affecte une solvabilité des entreprises encore fragile.

Europe centrale :

Risque de change persistant sur les " grandes " économies

En Europe centrale, la croissance restera soutenue grâce à l'investissement et aux gains de productivité. A cet égard, la Roumanie a été reclassée en catégorie A4. Pour l'ensemble de la zone, la solvabilité des entreprises demeure satisfaisante, reflétant le processus de restructuration et la bonne tenue de la conjoncture. Leur comportement de paiement s'est globalement amélioré ces dernières années et les entreprises les plus fragiles ont disparu.

Les situations financières se sont redressées ou restent bonnes dans des secteurs tels que la sidérurgie, la chimie, la pharmacie, les télécommunications et l'automobile. Elles sont néanmoins encore fragiles dans les branches soumises à la pression de la concurrence, telles que la distribution et le textile, ou celles en cours de restructuration comme l'agriculture.

Cependant, Coface estime que les entreprises restent vulnérables à un environnement macroéconomique qui pourrait être affecté par une crise de change. Certes, sept des dix nouveaux membres de l'Union européenne ont intégré le mécanisme de change européen et devraient adopter l'euro entre 2007 et 2009. Mais cette perspective recule pour les grands pays de la zone – Pologne (notée A3), République tchèque (notée A2) et Hongrie (notée A2) – qui représentent environ 60% du PIB régional et peinent à réduire leurs déficits publics. La Hongrie, qui affiche, en outre, un important déficit courant, reste l'une des économies les plus vulnérables au risque d'un retournement de la confiance des marchés. Dans ce contexte, la note A2 de la Hongrie a été placée sous surveillance négative.

(1) Voir Annexe 2

Contact presse :

- Direction de la communication Coface :

Nadège Hariti

Tél. : 01 49 02 16 29

Email : [email protected]

Tous nos communiqués, publications et informations financières sur Coface sont disponibles sur Internet : http://www.coface.fr

Créée en 1946, Coface, notée AA par Fitch Ratings et Aa3 par Moody's, est filiale de Natexis Banques Populaires et du Groupe Banque Populaire, dont les fonds propres (tier 1) s'élèvent à fin 2004 à 13,4 milliards d'euros. Elle a pour mission de faciliter les échanges entre toutes les entreprises partout dans le monde. Pour cela, elle offre à ses clients quatre outils pour externaliser en tout ou partie la gestion, le financement et la protection de leur Poste clients: l'assurance-crédit, l'information et la notation d'entreprise, la gestion de créances et l'affacturage. Coface propose également trois autres formes de garantie ou de service : l'assurance caution, la formation aux techniques du poste clients et, en France, la gestion des garanties publiques à l'exportation pour le compte de l'Etat. Elle assure à ses 85.000 clients un service de proximité de qualité, grâce à ses 4.600 collaborateurs répartis dans les 59 pays dans lesquels elle est implantée directement. Ce service de proximité est étendu à 93 pays, grâce aux partenaires Coface au sein du réseau mondial CreditAlliance, structuré autour d'une gestion partagée des risques de crédit (Système Risque Commun).



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